KHARTOUM (Reuters) - La réunion internationale sur le Darfour qui se tiendra lundi à Paris doit inciter les rebelles qui refusent l'accord de paix à s'associer aux négociations, estime l'émissaire chinois Liu Guijin.
Après un entretien samedi à Khartoum avec le président soudanais Omar Hassan al Bachir, l'envoyé chinois a ajouté qu'il n'y avait plus aucun obstacle à l'envoi au Darfour d'une "force hybride" composée de troupes sous mandats de l'Onu et de l'Union africaine (UA).
"La conférence (de Paris) devrait permettre de persuader les non-signataires de l'accord de paix au Darfour de s'asseoir à la table des négociations", a-t-il dit.
Cet accord n'a été signé que par un seul des trois groupes rebelles ayant participé l'an dernier aux négociations. Depuis cet accord, les rebelles se sont divisés en plusieurs factions.
Selon les observateurs internationaux, au moins 200.000 personnes ont péri en quatre ans de conflit au Darfour, dans l'ouest du Soudan. Les autorités de Khartoum, pour leur part, parlent de 9.000 victimes.
Il a fallu des mois de négociations pour rallier le gouvernement soudanais au projet de force hybride Onu-UA, esquissé par l'ancien secrétaire général de l'Onu Kofi Annan. La majorité des soldats de cette force seront africains et le commandement en sera confié à un général nigérian.
"Nous pensons qu'il n'y a pas d'obstacles majeurs à la mise en application du plan de Kofi Annan", a déclaré Liu. "La communauté internationale doit coopérer étroitement avec le gouvernement soudanais pour la mise en place rapide de ce plan."
Le Soudan a fait part de ses réserves sur la rencontre de Paris, qui réunira un "groupe de contact élargi" comprenant également les Etats-Unis, l'Egypte et la Chine.